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L’organisation mondiale de la propriété intellectuelle (agence onusienne) établie à Genève a annoncé par la voix de son directeur Francis Gurry que la presse sous sa forme actuelle était en sursis et qu’elle disparaîtra complètement en 2040 au profit des sites web d’infos. Le comptarebour est donc lancé selon cette agence. Et c’est par une brève dans la rubrique vingt secondes que 20 minutes nous l’annonce en fin de journal.

C’est assez cynique, non ?

Quelques caractères pour annoncer la fin du papier, de ce qui a permis à la pensée, à l’information de circuler dans nos pays pour modeler d’une certaine façon nos démocraties.

Pour la petite histoire, le premier journal quotidien paru en France “Le journal de paris” est édité le 1er janvier 1777, il traitait alors de faits culturels et faits divers. Cette feuille de chou de 4 pages a notamment participé à l’éveil des consciences et a accompagné la révolution française.

On ferait donc une croix sur une révolution culturelle et intellectuelle en 2040 ? Peut-être qu’il s’agit de l’évolution normale des choses avec cette société connectée que nous vivons et où l’info passe désormais par le web avant de se retrouver dans la presse papier et autres médias du siècle dernier.

Il s’agit aussi peut-être d’une évolution écologique même si l’on sait que les serveurs informatiques de Google au nombre approximatifs de 900 000 consomment tout de même 0.1% de la consommation électrique mondiale.

Mais quid de ce lien charnel, émotionnel avec le papier ? Le même qu'on ressent à tenir un tirage photo entre ses mains, plutôt que regarder une image sur écran. Sur Internet, l’information nous arrive sans qu’on la demande, aller chercher le journal qu’il soit gratuit ou payant est une démarche en soit (à mon goût) même si l’info que l’on retrouve à l’intérieur nous ait mâché.

C’est vrai qu’avec les agrégateurs et autres curateurs (type scoop.it, dernier né), on peut se faire son propre journal avec différentes sources du web (journaux, blogs etc…) où par des listes sur Twitter et autres réseaux sociaux en fonction de ses goûts. On devient son propre rédac-chef.

Non j’ai du mal à penser que je n’aurais plus ce contact physique avec le papier avec son odeur mais le temps n’est pas encore venu et la tablette ou l’écran dans les toilettes (par exemple), ce n’est que pour 2040, donc j’ai encore le temps de me shooter à l’encre. Remember quand l’encre des journaux tachait les doigts ;)

Tiens en parlant de journaux, notons que notre journal quotidien régional (69,42, 01 et même 43 et 39), Le Progrès change de formule et de format dès le 5 octobre 2011. Le format sera le même que son petit frère “Lyon Plus” (et oui économies d’échelles, on utilisera les mêmes rotatives). Il réduit de moitié, et les journalistes sont aussi appelés à revoir leur copies avec des articles plus courts mais qui seront illustrés de photos en couleurs.

N’ayant que l’exemplaire découverte (distribué par le marchand de journaux) entre les mains, je mettrais bien un bémol sur les pages couleur saumon, ça rappelle beaucoup le feu “Lyon-Figaro” qui était encarté dans l’édition nationale. Restait-il en héritage des montagnes de papier de cette couleur quand le Progrès faisait partie du groupe Hersant ? :D

Bon cela peut paraître paradoxal avec tout ce billet où je criais mon amour du papier mais vous n’auriez pas pu nous faire une page internet dédiée sur ce changement ou même un petit encart sur votre site voir un petit pdf, Mesdames et Monsieurs du Progrès ?

Allez, on se donne rendez-vous en 2040 pour une nouvelle formule d’application ?

En complément, je ne sais pas comment l’imprimé a révolutionné biologiquement nos comportements (il doit y a voir une application pour ça :D), mais la semaine dernière Bernard Thomasson (un journaliste de la bonne radio publique) interrogeait deux experts sur le changement qu’opère notre vie numérique dans nos comportements. C’est à lire et à écouter ici.. Et au passage le plastique c’est pas fantastique ^^

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