L’éducation, dernière roue du carrosse républicain ?

A la vue d’un reportage d’Envoyé Spécial ce jeudi 23/09 qui narrait la dernière rentrée scolaire, on a pu entrapercevoir la réalité d’une éducation nationale taillée de tous côtés.

16 00O supressions de poste, plus de formation initiale en IUFM, fermetures de classes etc…

Comme chaque année nos enseignants et nos enfants sont mis dans les meilleurs conditions pour entamer cette nouvelle année scolaire.

L’idée de l’éducation nationale ciment de la cohésion de la nation est de plus en plus effritée.

Alors, on nous expliquera peut-être que le niveau de l’enseignement a été élevé avec l’ouverture des CAPE/CAPES à BAC+5 et que les primo-professeurs sont donc mieux préparés pour affronter la horde enfantine.

Cependant, comment 5 ans d’université dans un domaine comme l’anglais ou les mathématiques préparent-ils à cela ? Je doute aussi de la pertinence de ce nivellement par le haut avec des diplômes surtout pour les professeurs des écoles…

On est loin du retour à l’école normale où l’on apprenait un métier dès la sortie du bac : prof. Ce n’est plus un métier c’est devenu une charge, pas une charge que l’on achète mais qu’on obtient par concours. Et cette charge est de plus en plus lourde.

L’éducation nationale est devenue un service non public mais quelque chose qui doit rendre service en éduquant, élevant et rentabilisant nos chères têtes blondes. On entend même certains parents parler en terme d’usagers…WTF !

Pour ma part, parent d’élève et mec d’instit et surtout enfant de l’école de la république, je ne conçois pas l’éducation nationale (on devrait lui préférer le terme d’instruction nationale) comme un service à qui je refile mes rejetons pour qu’elle s’en occupe de A à Z.

Je demande à l’école d’être un lieu sûr où ma marmaille va apprendre à lire, écrire, compter et à apprendre à devenir un citoyen français et européen, de les instruire !

Pour ce qui est de l’éducation, du comportement et du savoir-vivre, j’en fait mon affaire et j’apprécierai d’avoir le ROI si j’ai mal fait les choses.

En surchargeant le corps enseignant en heures supplémentaires, en effectifs et en lois (voile, niqab), le chargé d’éducation qu’est le professeur doit jouer le rôle d’éducateur, de parent, de flic et de comptable. Qu'il n'ait pas eu à préparer le bac pro compta ou prendre des cours de self-défense avant de travailler comme enseignant, soit. Mais endosser tous ces rôles annexes alors même que le jeune professionnel n'a reçu aucun apprentissage préalable de la pédagogie?

J’applaudis vraiment ces hommes et ces femmes d’être aussi flexibles malgré eux mais leur seul rôle devrait être de transmettre le savoir, leur savoir celui pour lequel ils ont décidé de devenir professeur.

Alors j’entends déjà les « poujade », les ultra-libéraux (mais qui souhaitent le retour à la blouse) me dire ils ont 15 semaines de vacances par an, un boulot à vie et en plus ces « nantis » font grève etc…

OUI-OUI

Mais saviez vous que le taux d’encadrement des élèves français est l’un des plus bas d’Europe avec 5 profs en moyenne pour 100 enfants (contre 8 par exemple en Italie) ?

Je vous invite aussi si vous décriez tant à passer le concours car il vous est ouvert du moment où vous avez pu arrivé à bac +5 et ça va être de moins en moins évident avec la qualité de l’enseignement qui baisse en même temps que les effectifs du corps enseignant.

Si malgré tous vos efforts, vous n’y arrivez pas, vous pourrez toujours vous mettre en couple avec un enseignant et vous pourrez vivre au quotidien ce qu’est l’engagement permanent d’un enseignant même sorti de l’école à 16h30 (préparation des cours, correction, projet scolaire etc…), ça fait 8 ans que je le vis chaque jour.

Ou alors, vous pourrez créer une free school mais il faudra passer le Channel !

2 Comments

  1. Je suis d’accord avec ton constat sur le mélange des genres, l’école est souvent pris pour une super nanny. Elle doit garder, éduquer et instruire nos têtes blondes …

    Mais je ne comprends pas pourquoi les enseignants ne se révoltent pas contre cet état de fait plutôt que sur les suppressions de postes qui seraient supportables si leur métier était uniquement d’enseigner.

    Pour l’anecdote, tu sites l’italie ( en oubliant la Grèce et le Portugal ) pour leur tot élevé de prof/élèves mais ces 3 pays sont plus connus pour leur difficultés économiques et leur mauvaise gestion publique que par l’excellence de leur système d’enseignement …

  2. Merci de ton passage Philou 😀

    Le ratio prof/élèves n’est certes pas une preuve de qualité comme tu le dis mais je faisais cette remarque pour dire que par rapport à ce qui est souvent dit, on est pas le pays où il y a le plus de profs ni de fonctionnaires.

    Arrêtons de les montrer du doigt mais pointons le plutôt vers ceux (les financiers) qui nous dirigent et qui veulent rentabiliser le service public qui s’il ne doit pas perdre d’argent, c’est clair, doit rendre service au peuple français sans pour autant presser comme des citrons ceux qui y travaillent (flexibilité, 35h à l’hôpital).

    C’est mon avis 😀

Laisse un petit commentaire