Véritables apprentis sorciers quant au sampling vinylique de masse, à l’alchimie dub en matière de sounds effects, aux néo-bidouillages électroniques et au hip scratching hop en cascade… les frangins High Tone parcourent semble-t-il nonchalamment et (surtout) librement depuis l’aube du numérique, les chemins de traverse des musiques dites actuelles (novo & live dub, jungle, drum’n’bass, techno transe etc.) toujours à la recherche des bonnes fréquences : low & high tones ! évidement dans la chaleur des sons.
De fait, les aventures du “club des cinq” musiciens des pentes de la Croix Rousse (du coté de chez Gnafron !) ont débuté en 1997, alors que dans les sous-bois de toute l’Europe les free parties battaient leur plein (gnacgnacgnac…) et qu’entre deux fleuves à Lyon les bains, la solidaire nouvelle scène commençait à décrasser nos oreilles dans une joyeuse effervescence sonore (avec les compères de Kaly, Meï Teï Shô et du Peuple de l’Herbe pour ne citer qu’eux) ; effervescence et c’était bien parti pour ne pas s’arranger.
Après plusieurs maxis autoproduits, le groupe s’est arrangé du bug de l’an 2000 pour sortir son 1er album baptisé Opus Incertum, déjà sur le label indépendant Jarring Effects qui jusqu’à aujourd’hui, accompagne intelligemment la destinée High Tone sur la route de la liberté artistique totale. Une musique d’emblée auto qualifiée d’Ethno Dub pour éviter le catalogue de questions d’ordre métaphysique ou simplement médiatique… et High Tone directement catapulté fer de lance de la ” scène dub hexagonale ” (avec Improvisators Dub et Zenzile) ; une scène qui allait enfoncer le clou en redonnant une nouvelle jeunesse au dit ” dub ” en version direct live, à l’inverse de sa grande sœur britannique ayant porté au firmament le règne des machines dans les studios avides de remixes (voir la fameuse écurie On U Sound et consorts).
D’escapades électroniques en vibrations roots soniques, mises en valeur par des projections vidéo sans pareil, High Tone a depuis réinventé continuellement sa musique qui dépasse aujourd’hui allégrement le simple cadre du dub.
Avec le club des cinq “technichiens” (vidéos, sons, lumières et commissariat politique…), les tontons sont aujourd’hui dix comme les doigts des deux poings ! pour pérenniser une envie irrépressible d’aller musicalement toujours plus loin, quitte à parfois déboussoler leur auditoire devenu pourtant exponentiel, attendu que les bougres ont déjà vendu plus de 100 000 disques, tous supports confondus… A l’heure d’aller communier sur les planches du monde entier avec un public à la fois fidèle et renouvelé, le groupe sort aujourd’hui un 3e album baptisé ” wave digger ” et enregistré par le rude boy Jean-Pierre Spirly es magicien. Une galette aux multiples facettes (electro, hip hop, jungle, funk, dub bien sûr aussi et que sais-je encore…) et qui semble résonner en 3D grâce à la spatialisation des sons rendue possible par une utilisation diabolique des reverbs et des panoramiques ; sûrement pas un simple album d’High Tone de plus, faisant suite à un fantasmagorique opus Live (Jarring Effects / Pias) qui avait déjà commencé à brouiller les pistes en 2003. Au-delà des prouesses en matière de production et de samples à gogo, le quintette continue simplement son grand bonhomme de chemin en matière d’expérimentation musicale comme nous l’avait laissé présager ces rencontres électroniques du dernier type avec le compositeur chinois Wang Leï sur la scène des dernières Eurockéennes (juillet ‘04). Rien de plus logique finalement pour cette raïa d’électroïdes dub-trotters, “mélomaniaques” insatisfaits et fouineurs avides des sonorités en vogue aux quatre coins de la planète …
Dans l’univers des hautes fréquences, puisse un jour l’histoire des wave diggers vous causer dans le poste.

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