Génération Noir Désir

Il y a 10 ans, à l’époque, où je lisais encore quotidiennement Le Monde (un bon compagnon pour le train), celui-ci titrait après le meurtre de Vilnius :

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Ce jour (25/09/2013), 20 Minutes fait dans l’association Tabloïd avec ces deux news.

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Phillipe Vandel faisait aussi dans le « racolage » passif en posant la question à Nadine Trintignant sur la mort de sa fille dans sa rubrique « Tout et son contraire ».

En peu de mots, le destin de Bertrand Cantat, est depuis 10 ans lié à cette nuit sanglante. Depuis 10 ans, c’est le fauve qu’on chasse pour les médias.

Et c’est vrai, qu’entre ses collaborations artistiques (Eiffel, Shaka Ponk, Théâtre), son autre drame et la fin de Noir Désir, cela donne du grain à moudre à la presse.

Je n’ai pas la prétention de dire s’il a le droit ou pas de faire son métier d’artiste.

Il n’empêche, il sortira le 30 septembre, son premier single de son nouveau groupe Détroit (avec le bassiste Pascal Humbert) « Droit dans le soleil », avec un album intitulé « Horizons » prévu pour la fin du mois de novembre (le 18) 2013.

Niveau plan de communication, c’est le service minimum avec juste un envoi de dossier de presse aux médias, un site internet pas encore de compte réseaux sociaux (et franchement, c’est mieux).

Cependant, si je me sers de cette actualité, c’est pour évoquer cette génération « Noir Désir » dont je fais partie qui s’est retrouvée orpheline en 2003.

Les disques restent mais toute la pensée, la philosophie, l’engagement du groupe se sont presque envolés, enfin tout ce qui s’est passé et dit depuis 2003.

Et comme dirait les Four Horsemen : « The Memory Remains »

Car Noir Désir, cela reste pour moi au-delà de l’image alterno-gauchiste qu’ont a voulu leur coller :

– des textes qui n’ont jamais été égalés depuis
– un putain de groupe de Rock (même si le virage musical des Visages Des Figures pouvait désorienter, certains avaient déjà craché à l’époque du 666.667 Club), Téléphone à mon goût ne leur arrive pas à la cheville
– un engagement sans failles contre le Front National et les extrêmes qu’ils incarnaient et personnifiaient dans leur musique et dans leurs prises de paroles et actions.
– un putain groupe de scène à la limite de la transe (Cantat s’était cassé les cordes vocales et avait dû être opéré après une syncope sur scène) que je n’ai pu connaître qu’à travers des vidéos hélas
– cette voix justement de Cantat
– A l’intérieur du système, pour mieux le combattre et le faire évoluer, souvenez-vous du discours de Cantat (et du groupe) aux victoires de la Musique 2002 à l’encontre de son « boss » :

Noir desir bertrand cantat discours victoire de… par lobotomie80

Voilà, Noir Désir n’existe plus depuis 2003 et je comprends la position de Serge Teyssot-Gay d’avoir fait splitter le groupe à l’automne 2010, celui-ci n’existait plus de facto depuis Vilnius même si l’éclairci crépusculaire du single Gagnants/Perdants//Le Temps des Cerises n’avait été qu’une comète musicale.
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C’est le GROUPE français qui a disparu et s’est éteint avec lui, une partie de mon innocence juvénile, également mais c’est bien des fois de regarder dans le rétroviseur, l’insouciance c’était bien.

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photo credit: erelevil via photopin cc

1 Comment

  1. 1989, j’ai 18 ans. Mon insouciance est loin. Les ondes hertziennes diffusent  » Aux sombres héros « . L’histoire de Noir Dez est en route.

    Les années passent.

    Nous évoluons. Nous connaissons des dérapages,des turbulences, des différends que nous surmontons ou du moins essayons. Nous devenons parents.Nous sommes des adultes responsables que nous soyons ou non de la génération Noir Désir.

    Adultes responsables. Responsables de nos actes et de nos mots. Mais des adultes qui déraisonnent dés qu’il s’agit du retour à la vie professionnelle de Cantat. Des adultes qui oublient que les enfants peuvent les lire. Des adultes qui ne semblent pas mesurer la portée de leurs propos (violents)sur ces enfants.

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