Blogueur littéraire n’a jamais été trop mon fort et si je lis quand même un peu, je ne prends jamais le temps de faire une review. Cependant, le dernier livre de Mathias Malzieu, Journal d’un vampire en pyjama, me donne l’envie de le faire.
Mathias Malzieu, c’est un auteur-poète-chanteur qui s’est fait connaître avec son groupe, Dionysos et notamment Song for Jedi.


Certainement pas inconnu de vos oreilles, cet artiste (et son groupe) a aussi la bonne idée (ou les bonnes idées) de faire dans le Concept-Album où l’œuvre littéraire se mêle à l’œuvre musicale.
C’est à dire un CD = un livre et vice-versa, les deux sont indépendants l’un de l’autre mais on peut lire et/ou écouter sans forcément avoir les deux œuvres en même temps en main.
Perso, j’ai un album et un livre de chevet de Mathias, c’est la Mécanique du Cœur. Il a même réussi à l’adapter au cinéma en dessin-animé (produit par Luc Besson).


Les présentations étant ainsi faites, revenons, à son dernier livre : Journal d’un Vampire en Pyjama.

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Celui-ci a été une nouvelle fois l’occasion de coupler la sortie du livre avec un album de musique intitulé “Vampire en pyjama“. Tous les deux sont sortis en 2016, ceux-ci content l’histoire d’un combat et d’une renaissance. Perso, l’album n’a pas beaucoup “tourné” sur ma platine (il tourne au moment où j’écris ce billet).
Pour le bouquin, c’est un peu pareil, alors que je m’étais jeté sur tous les précédents (6) lors de leurs sorties en édition brochée, cette fois-ci, j’ai attendu le poche, soit une attente d’un an.
Journal d’un vampire en pyjama (ra)conte dans un journal intime le combat de Mathias Malzieu face à une saleté de maladie qui l’atteint, à l’automne 2013, une aplasie médullaire (maladie du sang nécessitant une greffe de moelle osseuse). Un livre où il est à la fois plein d’espoir enfantin tel Peter Pan mais où l’ombre de Dame Oclès le hante, personnification incarnée de sa maladie.

Une ode au service public hospitalier

En lisant ce livre, j’ai pensé à ce message d’une autre personnalité publique, Patrick Chêne (ex patron des sports de France TV).


Mathias Malzieu a été patient pour sa maladie de l’hôpital Cochin et Saint Louis de l’AP-HP (les HCL parisiens) et il leurs rend hommage au fil des pages de son livre.
Appelant ainsi ses praticiens :

– Hématologue à la voix douce
– Les nymphirmières

Malgré le fait qu’il soit contraint à vivre dans une chambre stérile coupé du monde, au fil de journal, il n’y aura jamais un seul petit agacement de sa part envers le corps médical qu’il poétise.
Lui qui avait connu, l’autre côté, en voyant un proche partir quelques années plus tôt à l’hôpital (lire son Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi pour cela), à sa manière, il loue notre service de santé public.

Fantaisy pour combattre la maladie

L’œuvre littéraire de Mathias Malzieu a un héros récurrent : Jack. Celui-ci n’est pas présent dans Journal d’un vampire en pyjama, ou à peine évoqué comme d’autres de ses héros comme Cloudman. Le fantastique, c’est Dame Oclès, présente dans les moments durs qu’ils traversent, épouvantail de la grande faucheuse mais qui n’arrivera pas à ses fins.
Je surnommais Mathias Malzieu : Peter Pan, plus haut mais c’est exactement cela car c’est la féérie qui sera son médicament et qu’il nous prodigue au long des 250 pages de son livre.
Un cocon fantaisiste avec lequel il se protégera de la maladie et qui se sera son refuge, tout comme ses proches et sa vie quotidienne auxquels il se raccroche tout au long de son récit personnel de son combat face à la maladie.

Tiens je repense à une chanson, pas de Dionysos, en me remémorant la lecture de son livre : Mon île de Baobab (y aussi celle de Jacqueline Farreyrol).

Un Paris rêvé

Alors, je ne sais pas si Mathias Malzieu a réussi à me réconcilier avec Paris (même si je n’y ai fait que quelques passages fugaces) mais son PARIS, je veux y vivre !
Quand il nous conte ses traversées en skate de Paname, on a envie d’être à ses côtés. Bien évidemment, une chanson de Dionysos me vient en tête quand il évoque sa passion pour le skate, cette envie d’en faire malgré la maladie : Longboard Train.


Son refuge que j’évoquais ci-dessus, c’est aussi son APPARTELIER, dans lequel il se réfugie, joue du Ukulélé, compose, retrouve sa chère et tendre (Rosy) et a même l’idée de monter une maison d’éditions de disques vinyles : Eggman Records (qui rappelle un autre de ses héros, lire Métamorphose en bord de ciel). Autre projet, auquel il s’accrochera et qui sera une partie de sa thérapie personnelle face à la maladie.

Renaissance et voyage initiatique

On apprendra que ce qui le sauvera est une greffe de cellules souches provenant d’un cordon ombilical, d’un bébé né à la fin du siècle dernier. Une renaissance qui sera marquée par le changement de son groupe sanguin et d’autres détails médicaux qui correspondent pour lui à une renaissance dans tous les sens du terme.
Une renaissance qu’il s’était promis, s’il s’en sortait, de fêter avec un voyage dans un pays hors du commun déjà : l’Islande. Le bonhomme, Mathias Malzieu, s’était promis de faire ce voyage au moyen d’un skate (électrique). C’est aussi pour ça que je suis content d’avoir attendu, 1 an avant d’acheter son livre en version poche, puisque ce BIOnus a été ajouté à la version poche sous le titre : Carnet de Board.
Bien après sa renaissance, il nous conte encore une fois ses (més)aventures sur Rosy (I et II), le nom de ses skates, au pays de Bjork et c’est encore une fois de plus féérique.

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Conclusion

Je boucle avec ces dernières lignes, une crise de dionysite aiguë, qui m’aura permis de remettre le pied à l’étrier bloguesque car c’est ce qui m’anime quand je viens par ici, parler de ce qu’il me plait.
Vous l’aurez compris, Mathias Malzieu, sa musique, ses livres ont un attrait et je suis souvent comme ça, je suis par phase de fascination et faut que je dévore tout ce qui touche un sujet (j’avais déjà eu par le passé des phases comme ça pour Klapisch, Tautou, Duris ou encore Efira).
Pour preuve, on a rematé, pas plus tard qu’une semaine le film Jack et la Mécanique du cœur (qui passe sur France 4, ce mercredi 25/10), je suis en train de relire Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi, du même auteur.
Et je pense qu’une fois ce billet publié, je vais aller chercher le podcast d’une émission qu’il a fait sur Inter, la semaine dernière ainsi que son passage dans le documentaire TV : La petite histoire des super-héros.

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