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photo credit: Corie Howell via photopin cc

Vaste débat que je vous propose dans ce titre et ce questionnement fourre-tout. Cependant, force est de constater que la crise a effacé certaines préoccupations et une alimentation de qualité n’est plus forcément la priorité dans les postes de dépenses des ménages. Ne parlons même pas des préoccupations écologiques passées de star des unes des magazines (remember 2009 élections européennes) à la rubrique des chiens écrasés dans les médias en général.

L’heure de la rigueur, de la disette alimentaire et du repli identitaire a sonné. Vous ne voyez pas le lien ? Pourtant il y en a….

Revenons à nos moutons, à savoir ce que nous consommons pour nous sustenter. L’adjectif à la mode dans la bouche est gourmand, on nous l’abreuve à longueur de journée dans les magazines ou à coup d’émissions télévisés. Les produits sont fins et recherchés, rien ne vaut l’AOC, le label, la provenance locale du produit.

Ce qui est tout a fait louable.

Cependant comment le citoyen lambda dans un contexte économique défavorable peut-il encore se procurer ces denrées alimentaires qui atteignent des prix soumis à des cours devenus boursiers ?

On vend du rêve et la masse pourtant n’y a pas accès… ceux qui produisent ces fruits, légumes ou élèvent le bétail n’en vivent plus, la surproduction/surconsommation mènent au gâchis alimentaire et a des désastres écologiques ou à des aberrations telle breveté le vivant et par extension à des expériences d’apprenti-sorcier que sont les OGM.

Va-t-on devoir que nous devenions de nouveau chasseur-cueilleur pour manger sainement et à moindre frais ?

Dans une certaine mesure, le Freeganism que certains pratiquent pour survivre ou ne pas dépendre d’un système agro-industriolo-alimentaire qui se marche sur la tête se rapproche de cette notion de chasseur-cueilleur.

Que faire alors ?

D’un point de vue franco-français, nous pourrions nous targuer d’être une puissance agricole auto-suffisante (puissante aussi dans l’utilisation et la vente de produits phytosanitaires) mais qui vit sous perfusion des aides financières de la PAC et qui profitent aux plus grosses exploitations (6000€ de revenus moyen pour les céréaliers). Cependant, la France ne nourrit pas sa population, elle l’affame par les prix artificiels pratiqués par les distributeurs.

Car finalement, on ne connait le réel COÛT (social, écologique) d’un aliment entre les marges et les différents intervenants.

La solution, acheter local et en direct alors ?!

Oui peut-être mais si c’est pour acheter, se déplacer un produit qui au final sera rempli de pesticides et que nous multiplieront les déplacements émetteurs de Co2.

Pas sûr, que cela soit plus rentable d’un point de vue santé et pour l’environnement.

Ou alors se tourner vers des magasins de producteurs qui concentrent en un seul et même lieu, différents produits alimentaires du fruit au fromage (ex Uniferme dans les monts du lyonnais à Lyon).


Uniferme : Quand l’union fait la force (Mornand) par telelyonmetropole

Quid de l’équitable ?

Ces échanges commerciaux nord/sud censés aider des petits producteurs à être payés au juste prix et qui doivent permettre le développement local. De nombreux initiatives privées via des labels (plutôt marques) existent tels Max Havelaar mais aucun encadrement juridique international reconnu via la FAO ou l’OMC ne les encadrent.

Et les dérives commencent à débouler avec des répercussions pas du tout équitables comme la hausse du cours du Quinoa dont c’est l’année (symbole du commerce équitable par excellence). Soumis à la loi de l’offre et de la demande comme n’importe quel produit lambda, ses courts se sont envolés. Le résultat ? Les producteurs de quinoa, eux-même ne peuvent plus en consommer.

Quant au Bio ?

Devenu bouc émissaire, réservé à la Bobointelligentsia diront certains. On le trouve trop cher, il y a des raisons pour cela. Encensé, il y a quelques années, descendu en flèche dorénavant. C’est pourtant l’assurance quoi qu’on en dise (« oh mais les contrôles sont moins stricts chez tuuuuuuut » entend-on) d’une traçabilité à travers un label (et pas une marque !) sérieux et reconnu avec un cahier des charges strict (que nenni pas d’OGM autorisé quoiqu’on en dise). Vous saurez ce que vous mangerez dans votre assiette…

Après, il manque des terres pour produire plus français (3% des terres agricoles sont bio en France…).

Un exemple des bienfaits du bio ?

Connaissez-vous les codes de 0 à 3 sur les œufs ? Le 0 correspond au Bio, le 3 à la cage : voilà un petit exemple vidéo de l’élevage en cage des poules…

Vous ne mangerez plus des œufs par hasard après visionnage…


Poules-elevees-en-cage par Education-PMAF

Quoi qu’on en dise il est de la responsabilité du consommateur d’être un peu plus acteur de ce qu’il a dans son assiette. Facile sur le papier, difficile dans le quotidien mais, je crois que c’est comme tout, l’Homme est omnivore, il faut donc je pense un peu de tous les modes de productions de l’alimentation que j’ai cités.

On ne sera jamais omniscient mais on peut toujours essayer à son niveau 🙂

Pour finir, louons l’initiative lancée dans quelques villes de France du collectif Disco Soupe qui associe la lutte contre le gaspillage alimentaire et tout est dit dans leur slogan « La convivialité contre le gâchis, la gratuité du recyclage et le plaisir du disco ». Le principe, le collectif récupère des invendus, des pertes en fruits et légumes, s’installe sur une place et invite des citoyens à préparer un repas (soupe mais pas que) avec ce qui a été récupéré avec un bon son Disco (enfin ça dépend des oreilles).

Voilà ce que cela donnait en mai dernier lors des nuits sonores :


En écho à ce billet, voilà un docu d’Arte intitulé « Bien manger, mais à quel prix ?«