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Je ne suis pas né lyonnais, je le suis devenu, enfin je pense…
Voilà, ci-dessous, 5 moments qui ont m’ont marqué en tant que Lyonnais en devenir 😉

La Ligne D du métro

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J’ai grandi de l’autre côté du périf dans une banlieue rouge qui a souvent décrié la chronique par ses soubresauts parfois dramatiques. Loin de moi, l’idée de faire pleurer dans les chaumières  mais l’expression “descendre en villeen habitant le plateau des Minguettes si excentré prenait tout son sens avec un périple avec le 12 ou le 36.
Cependant pendant les années 1980, la lueur d’un prochain accès facilité avec le métro D depuis le plateau, a accompagné mon enfance. Le maire de l’époque, André Gérin, avait fait installer des stations de métros fictives face à l’Hôtel de Ville et du centre commercial de Venissy.
Imaginez-vous le gamin que j’étais et qui passait devant plusieurs fois par semaine avec l’espérance de voir ce moyen de locomotion, futuriste aux yeux d’un gosse, arriver au pied de son immeuble. La promesse “d’aller en ville” rapidement et d’en faire partie…de cette ville.
Le métro arrivera bien à Vénissieux à la fin de 1992 mais jusqu’à la gare…
La gare deviendra le check-point d’entrée à Lyon pour le banlieusard que j’étais mais toute cette mise en scène politique sur l’arrivée hypothétique du “métro lyonnais” à ma porte aura suscité mon attrait et ma curiosité pour la grande ville de Lyon.
Le tram arrivera quelques années plus tard mais j’étais déjà à ce moment-là : “lyonnais intra-muros”.

Le G7

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Lyon dans les années 1990, c’est une ville de Province…

Nous sommes en 1996, j’ai 14 ans 1/2, toujours de l’autre côté du périf mais en ce début d’été 1996, mon attention se porte sur cette réunion du G7 des grands de ce monde qui se déroule dans un quartier qui symbolise le renouveau de Lyon : la cité Internationale (encore en pleins travaux). Les images à travers le tube cathodique me renvoient l’image d’une ville moderne qui a été choisie par un président fraîchement élu grâce à une de ses vieilles connaissances, devenu maire de cette ville en pleine mutation : Raymond Barre, homme de consensus.
En y repensant, cette mise en lumière de Lyon a certainement éveillé chez moi, la fierté d’habiter une métropole qui le temps d’une conférence certes décriée a fait de Lyon, le centre névralgique de la planète

Passer son bac à Lyon
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On est toujours dans les années 1990 mais à la l’orée d’un nouveau millénaire, en 1999, année de transition personnelle : l’année du bac…
Cet examen a un mérite, vous sortir de votre zone de confort lycéenne à la différence du brevet que l’on pouvait avoir la chance de passer dans son collège.
Donc, mon bac je l’ai passé à Récamier (Ainay) et à Saint Just avec en toile de fond deux symboles forts : Fourvière et le Rhône. Cela m’a certainement marqué.
L’incendie de la bibliothèque de l’université de Lyon II qui s’est déroulé dans les nuits qui précédaient mes premières épreuves, Récamier étant presque en face de Lyon II, on pouvait encore voir les pompiers s’y affairer le lundi matin en arrivant au lycée pour la 1ère épreuve. Ce bâtiment deviendra dans mon inconscient un symbole lyonnais auquel je n’aurai jamais accès lors de mon pseudo parcours universitaire (qui se résumera aux Happy-Hours…).
Bon en même temps j’avais choisi Lyon III et sa Manu’ 😉

Dans l’antre des Rouges et Bleus

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Gerland…la première fois que je suis passé sous les arches de ce stade, c’était pour un match de division 1 de la première journée de la saison 2000-2001, Lyon-Rennes (avec une belle boulette du gardien d’alors, Grégory Coupet). J’en ai encore quelques frissons et en fait ces frissons ne m’ont jamais quitté à chaque fois que je m’y rendais jusqu’à il y a peu. Le Parc OL n’a pas encore l’aura sur moi du stade de Tony Garnier.
Planté à la périphérie du Lyon intra-muros, cet aimant footballistique a fait naître une passion, une sorte d’identité, une religion dont la messe du Samedi soir était une communion lyonnaise à ne pas rater.
Mille mots/maux peuvent être reprochés au football, je les balaie non pas sans discernement.
Nous étions à cette époque-là, début du XXième siècle, à l’orée d’une des plus belles périodes pour l’Olympique Lyonnais qui durera presque une décennie, j’en ai vu les prémices déjà convaincants et qui m’ont surtout convaincu d’apporter mon soutien de coeur à cette équipe.
Certes, l’identité footballistique lyonnaise ne colle pas autant à la peau que chez la voisine verte mais cette équipe fera toujours partie de mon ADN lyonnais 😉

Croix-Rousse

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Partir du cocon familial, quitter sa banlieue pour débarquer en ville et atterrir à la Croix-Rousse, je pense qu’il y a pire comme trajectoire 🙂 Voilà une autre facette de mon identité lyonnaise car c’est dans ce quartier que ma vie de jeune adulte lyonnais a commencé. Je ne me revendique pas de l’héritage des canuts, non loin de là.
Ce quartier en quinze ans, je l’ai vu évolué avec sa gentrification galopante qui me fait faussement m’agiter parfois. Je pense que c’est en l’arpentant de long en large durant plus d’une décennie que je ne me vois pas y habiter dans une autre aire urbaine. Quartier de mélanges dans son histoire (certes moins que la Guillotière), porte d’entrée Nord de Lyon, il y subsiste (surtout dans ses pentes) une image de Lyon métissée.
Enfin, de moins en moins, il suffit de faire un tour au parc Popy par exemple, le dimanche, pour comprendre que l’entre-soi bourgeois est de plus en plus galopant sur le plateau.
Pourtant, c’est dans les rues de la Croix-Rousse que j’ai construit mon identité d’adulte lyonnais et je n’ai jamais eu cette sensation de village que l’on lui prête si souvent…
Non à mon goût, la Croix-Rousse apporte ses couleurs dans le mille-feuille humain lyonnais, comme la Guill’, Ainay ou Vaise (où je me sens tout aussi à l’aise pour avoir vécu 6 ans en face).

Et toi, tu crois qu’on naît ou qu’on le devient, lyonnais ? 🙂